Guillaume Charbonneau et son association SOLIDAI ' RUN aux Marathon des Sables 2009, 2010 et 2011
Etape 2 - Erg Znaïgui/Erg Znaïgui : 36 km
Mardi 31 mars
2009
température à 08h45 : 16 degrés et 38% d'hygrométrie
température à 10h30 : 21 degrés et 37% d'hygrométrie
température à 12h00 : 24 degrés et 18% d'hygrométrie
Cliquez pour voir toutes les photos de la 2ème-etape sur ce blog
Suite aux pluies l’organisation était dans l’impossibilité de déménager le bivouac ce jour là. La
solution : une boucle a été imaginée la veille.
Il est à peine 6 heures. La nuit a été froide. J'ai la sensation de ne pas avoir dormi du
tout...
Le même sentiment est partagé par beaucoup. La faute à ce vent froid qui a fouetté de part en part le bivouac.
J'ai tenté de dormir en caleçon, avant de me résigner à enfiler ma combinaison tyvek. En revanche je suis satisfait de mon confort. Le duvet à même le sol a été suffisant. Le petit bout de mousse
réconfortant le haut du dos, plus fragile. Mon petit coussin gonflable, lui, fait des envieux...
Les minutes s'égrainent doucement avant que nous envisagions le petit déjeuner. Il faut rallumer un feu. Et cette tâche commune, je ne m'y suis jamais vraiment intéressé... Par
miracle le feu était là quand j'en avais besoin! Je me servais de l'eau chaude dans une casserole... j'achetais cette tâche avec des morceaux de mini saucissons d'un bon
centimètre par personne tout de même!... Un équilibre entre le donné et le reçu, c'est la solidarité du MDS.
Mes petits déjeuners tournaient autour d'un thé, d'un müesli au chocolat lyophilisé et une barre d'ovomaltine puis un café. Un comprimé de supradyn dans un fond de bouteille d'eau donne un jus
d'orange vitaminé très correct! Un comprimé de bion et hop... c'est reparti pour un départ.
Les coureurs ont froid ce matin. Je ne le ressent pas trop. Le
vent sans doute.
Après avoir entraperçu Stéphane partir avec les cadors, nous mettons en place une
formation à 6 pour nous protéger du vent. Deux par deux, en trois rangées. Chacun laissant son suivant prendre le relais. Le premier passant en dernière position. Une méthode pratiquée dans le
vélo mais qui a été très efficace également dans notre cas. Cela nous a valu le surnom de « petit train » durant le MDS par de nombreux coureurs. Parfois certains venaient en profiter
de cette aubaine quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres. Ils jouaient le jeu du relais, toujours, sauf une fois durant "la Longue"... Abilio lui fera comprendre assez vite que les
efforts ça se partage. Il continuera seul. Preuve en est encore une fois que courir peut être un sport collectif.
Le peloton souffre et s'étire très rapidement sur plusieurs kilomètres au pied du spectaculaire Jebel El
Begra après seulement 7km de course... Son ascension va éparpiller le peloton. D’autant que derrière ce sont quelques petites dunes et des herbes sèches qui nous attendent. Cette étape a été pour
beaucoup épuisante. Non pas pour sa distance, mais du fait de ses immenses lignes droites qui usent le moral et des côtes qui usent le physique, le tout avec vent de face. Nous arrivons au CP1 après 14 km.
Curieusement je n'ai pas très bien mémorisé cette étape. Un terrain pas assez « cassant », trop de longueurs. Pourtant, à l'image de ce MDS, la variété des paysages nous a bluffé...
Vous pouvez cliquer sur les images puis zoomer. Elles sont en haute définition:
Ensuite, et jusqu’au CP2 le "train" déraillera à plusieurs reprises. L’équipe
reste soudée mais plus « décousue »… chacun ayant son petit coup de pompe… Arrivés au CP2 après 25km de course, nous allons attaquer une piste de 8km…
Je ne m’arrête pas car pressé d’en finir. Mes 5 picards ne reviennent pas sur moi. Je ralenti à
plusieurs reprises. Il faudra plusieurs km avant qu’ils arrivent. L’un d’entre eux a des problèmes gastriques. Il n’est pas le seul du peloton apparemment.
Au 33ème kilomètre nous attaquons les 3 derniers km. De la dune. Mais
tellement ravis d’en avoir terminé avec ces lignes droites. On croque dans le sable, et, du haut de la dernière dune, nous nous jetons sur cet immense échiquier noir et blanc qu’est le
bivouac…
Nous arrivons en chantant à la 245ème place, passons faire le plein d'eau et gagnons notre tente. Au programme de l'après-midi : repos et encore repos... (Après un petit taboulé
bien frais...)
Et ce soir là nous nous coucherons tôt. Très tôt. D’autant que la rumeur qui va enfler tout l’après midi va
se vérifier avant la nuit : la « Longue » de demain fera 91km… Du jamais vu en 25 ans de MDS ! Et c’est pour nous. A 7 on
relativise vite. On en rigole, un peu. On pleurera demain...
Et puis stéphane nous montre ses pieds. Il est dans les 70 premiers au général. C’est beau. Mais ses pieds sont certainement dans le Top 10 des plus abîmés. C’est moche. Il a le moral. Il décide
que demain il partira tranquille. Mais Stéphane est un cas… le lendemain il franchira le 1er CP en tête de la course, devant les 800 concurrents… un fou parmi les dingues!
Et avant de mal dormir, je mange bien. Un hachis parmentier et des pâtes carbonara, un yaourt, lui aussi lyophilisé. Le tout arrosé de tisane. Le coucher de soleil sera une fois encore magnifique
et à lui seul répond à LA question du moment "pourquoi suis-je là?"
A suivre
1 - c'est comment, un yaourt lyophilisé ?
2 - pourquoi, si tu voulais vraiment voir de superbes couchers de soleil, tu n'as pas pensé au Club Med ? Bien plus fastoche, avec balades en 4/4 avec clim', caravane de dromadaires pour la photo, piscine à débordement au retour à l'hôtel... Nan, c'est pas une bonne idée ?
1-c'est de la poudre blanche à laquelle tu ajoutes un peu d'eau froide et ça donne plus précisemment une crème à la vanille qui tient bien au ventre type danette. C'est bon là bas...
2-J'étais au club Med
Bisous
bisous a vous tous
niquette