Partager l'article ! Marco Olmo, le coureur...: Cela fait très longtemps que je voulais "raconter" Marco Olmo. J'ai croisé sa route au Marathon des Sables 2009. ...
« Quand il ne court pas, soit dix jours par an environ lorsque le temps est trop mauvais, il est nerveux », observe Renata. Sa rigueur s’applique aussi à son alimentation. Depuis plus de vingt ans, Olmo est strictement végétalien. « Un choix », assume-t-il, « qui n’a rien à avoir avec la course mais correspond à une philosophie de vie. » Son alimentation à base de pain, pâtes, polenta, châtaignes, fromage et huile d’olive… « a changé sa vie, l’a rendu beaucoup plus optimiste », confie sa femme, qui l’accompagne sur les trails et l’attend à tous les ravitaillements sur l’UTMB. « Parfois, on ne se parle même pas, un regard suffit, il ne doit pas dépenser son énergie ou se déconcentrer. »
« A 60 ans, je n’ai plus rien à prouver, assure-t-il, je ne me sens plus l’obligation de
gagner. » L’an dernier, avant le départ de la course, trois jeunes stars américaines du trail avaient fanfaronné, sûrs de ne faire qu’une bouchée de l’UTMB. Marco Olmo s’était lui contenté
d’évoquer avec sobriété son plaisir d’arpenter les paysages fabuleux du massif du Mont-Blanc. Et puis il avait pris le départ, lentement, avec sa foulée rasante, économe. 21 heures 30 minutes
plus tard, le visage à peine marqué, après avoir remonté tous ses concurrents, il était arrivé en tête à Chamonix. Deux des Américains avaient abandonné la course. La tactique d’Olmo paraît
simple : partir doucement, courir toujours à la même allure et ne pas se soucier des autres.
Olmo ne court pas vite. 10 kilomètres par heure en moyenne, ce qui, sur un marathon, le classerait
parmi les coureurs moyens. Mais tenir cette moyenne pendant des heures, sans jamais ralentir, c’est extraordinaire. Quand Olmo fatigue, il se courbe un peu en avant, croise ses mains dans le
dos, ses yeux bleus ne quittent plus le sentier, mais il ne ralentit pas. « Il s’arrête très peu, c’est un vrai métronome.
Même s’il adore courir dans le sable - il a remporté trois fois le Marathon des Sables, quatre fois le Marathon de Libye, quatre fois les Désert Cup… l’UTMB reste la course préférée d’Olmo et
celle à laquelle il doit sa notoriété. Très longue - quatre marathons en une étape -, harassante avec un dénivelé égal à deux fois l’ascension de l’Everest à partir du camp de base, elle
convient bien à ce coureur long et sec - 1,81 m, 65 kilos -, doté d’un cœur qui bat à seulement 34 pulsations par minute. « A mon âge, plus la course dure, mieux c’est » ,
explique-t-il
Malgré un palmarès impressionnant, Marco Olmo n’est toutefois soutenu que par quelques sponsors qui lui
versent au total… 5 000 euros par an. Le trail n’est pas un sport roi, même si en janvier, lors de l’ouverture des inscriptions pour l’UTMB, les organisateurs ont noté un raz de marée : 5
000 candidatures de plus de 40 nationalités en moins de dix minutes.
« Ils commencent seulement à se dire qu’un homme de 60 ans qui va bien, ça peut être intéressant ! » déplore Olmo et regrettant de ne pas avoir assez d’argent pour s’inscrire sur
des trails lointains. Avec son éternel collant rose, ses chaussures de course en fin de vie, ses tee-shirts qu’il échancre lui-même, le coureur italien n’apparaît probablement pas aux
annonceurs comme la « vitrine » idéale.
Voici le teasing du documentaire sur Marco en vente sur:
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