Partager l'article ! Vendredi 3 avril 2009 - Etape 4 - Aferdou Nsooualhine/Tizin Ighrs 42 km: Vendredi 3 avril 2009 - Etape 4 - Aferdou Nsooualhine/Tizin Igh ...
Vendredi 3 avril 2009 - Etape 4 -
Aferdou Nsooualhine/Tizin Ighrs : 42,2 km
température à 9h45 : 21,4 degrés et 29,6% d'hygrométrie
température à 12h00 : 29 degrés et 16,5% d'hygrométrie
Benazzi au départ
Cela fait 3 mois
que je l'ai disputée cette étape... Déjà!
Mais j'ai choisi de remplacer "ça fait 3 mois que c'est terminé..." par "moins de 10 mois avant de remettre ça!". Si l'on pouvait penser comme ça tous les jours, se dire que tout est
un début, jamais une fin... La pensée positive est un élément essentiel dans la vie comme dans la course de fond: se dire "...il n'y a plus que..." et non "...je n'ai fait que..."
En réalité j'ai beaucoup plus réfléchi à la raison qui m'empêchait de prendre le temps de raconter cette étape qu'à essayer de l'écrire...
Y-aurait-il une raison d'ordre psy Docteur Véro?
Cette 4ème étape, elle clôturait la course.
Tout comme son récit.
Elle marquait le fin d'une belle aventure.
Et après?... Mon blog, le bien nommé "Ma préparation au MDS 2009" n'avait plus raison d'être... Le blanc, le vide, le néant...
Ne pas écrire ce 4ème volet (ou le perdre...) c'était sans doute refuser le retour et garder un pied là bas. C'était laisser une porte ouverte à autre chose sur le blog...
Alors ce soir vendredi 29 juin je me fais violence et je me lance.
Pour commencer, certains doivent se demander à quoi correspond ce taux d'hygrométrie qui apparaît au début de chaque résumé d'étape. A croire qu'il est aussi important que la température...
Et bien oui, d'une certaine façon, car il influe directement sur la sensation de chaleur. Je m'explique:
Les humains (et les animaux à sang chaud) contrôlent la température de leur corps avec leur transpiration. Quand ils ont trop chaud, l'évaporation de la sueur entraîne un refroidissement ce
qui rafraîchit la peau. L'humidité de l'air ambiant va influer l'évaporation de la sueur, et donc sur le refroidissement du corps. Un taux d'humidité trop faible va accroître le
refroidissement et amplifier la sensation de froid, tandis qu'un taux d'humidité trop important va limiter le refroidissement et donc amplifier la sensation de chaleur.
Voilà pourquoi cette dernière étape courrue à moins de 30° s'est avérée bouillante... Le taux d'hygrométrie ne permettant pas une bonne évaporation.
La "Longue" a fait des dégats. Les pieds, les corps parfois, sont en très mauvais état. Mais un bon moral a l'air de planer au dessus du peloton. Il ne reste que 42km, et c'est une
distance que beaucoup connaissent. Juste un marathon. Les coureurs arrivent peu à peu sur la ligne de départ. La bonne humeur, comme d'habitude, est là.
Le départ est donné. Le rythme est plus soutenu que lors des précédents départs.
Très rapidement nous entamons la 1ère ascension. Le peloton est en file "indienne", une fourmilière géante se dessine et cela fait seulement 3 km que nous sommes partis. Les écarts ne sont pas
encore là.
Un second djebel arrive un peu après. Nous nous demandons alors à quelle sauce cette étape va nous manger... Les descentes sont dangereuses, les cailloux deviennent des rochers
et chaque pas est réfléchi...
Petit plaisir perso: Collants noir et casquettes
blanches, stephane est derrière moi pour la 1ère fois depuis le départ du MDS... Sa sagesse durera quelques minutes encore.
Le parcours est valloné, infini, lumineux, simplement superbe...
Comment ne pas s'arrêter à l'un de ces sommets, ou aux deux d'ailleurs, pour prendre un cliché? Il ne devait y avoir que les 3 premiers du général pour ne pas s'attarder à cela...
Un petit hommage à mon ami karim qui boucle son MDS tranquillement.
Après une dernière grimpette le sommet propose une vue exceptionnelle... L'arrivée est au bout d'une longue ligne droite de 3 ou 4 km? On ne sait plus, le cerveau ne calcule
plus en kilomètre depuis bien longtemps. On me demande souvent s'il y a des indications métriques au sol sur les étapes au MDS. La réponse est non, hormis les repères sur le road-book
qu'il faut décripter, et c'est bien mieux ainsi! Seuls Ceux qui ont emmené une montre gps sont capables de déterminer précisemment leur avançée. Les gps passent! les téléphones
portables parfois aussi... Je sais c'est étonnant mais c'est du vécu sur les 2 premières étapes. D'ailleurs j'ai fait vivre en live à Heïdi le décompte du départ lors de la 1ère
en l'appelant au beau milieu d'un no man's land...
Nous nous lançons dans une descente assez technique, mais qu'importe, il est trop tard pour réfléchir à la
position de ses pieds sur les cailloux.
Je préfère laisser mes 5 compères et prend quelques centaines de mètres d'avance. Pour la 1ère fois depuis le départ de ce Marathon des Sables je n'arriverai pas dans la même seconde
qu'eux... Je décide de les laisser partager ce moment qu'ils préparent depuis maintenant 2 ans... Cette minute prise sur eux me permettra de vivre leur arrivée, un joli moment, mains dans
la main, toujours en chantant...
Quand à mon arrivée, juste avant, elle aura été bizarre... Aspiré par la ligne, accueilli par Patrick Bauer, j'aurai droit à son accolade, le temps de lui dire que parfois, durant mon
entrainement pendant ces mois de préparation, il m'était arrivé de pleurer en imaginant mon arrivée à ce MDS... Et là, rien, moi qui suit un as de l'émotion, nada...
Après 5h10' de course, les 42,2km avalés, je cherche Heïdi, censée être à mon arrivée. Personne.
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