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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /Juin /2009 22:55


Pour mon 1er MDS mes objectifs étaient doubles:

1. Terminer
2. En bon état


Contrat rempli
Dans les 10 jours qui viennent de suivre le MDS j'ai déjà recouru à 4 reprises pour une cinquantaine de km alors que beaucoup soignent encore leurs pieds, leurs courbatures, ou pire encore... sont écoeurés de la course à pied!
Mon temps et le classement dans le 1er quart sont des bonus dus à la régularité de mes étapes. De bonne augure ... pour l'an prochain!



Général : 230ème / 810 partants
75ème français
les 201 km en 30h49’30

moyenne 6,56 km/h
37 abandons


Etape 1 : 229ème       les 33 km en 4h23’40          moyenne 7,51 km/h    2 abandons
Etape 2 : 245ème       les 35 km en 5h04’40          moyenne 7,09 km/h    7 abandons

Etape 3 : 256ème       les 91 km en 16h10’20        moyenne 5,63 km/h    25 abandons
Etape 4 : 228ème       les 42 km en 5h10’50          moyenne 8,15 km/h    3 abandons
Par cyaume - Publié dans : MDS 2009 MA COURSE - Communauté : Marathon des Sables
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 09:15

Avec les nouvelles contributions de mes camarades de sable, jérôme, etienne, Abilio, laurent et olivier, c'est maintenant près de 1000 photos de cette édition qui sont consultables. Evidemment les quelques 250 images que je viens d'ajouter tournent autour de nous 6, dont une de nuit à l'arrivée de l'étape de 91km. Chaque album a été alimenté de nombreuses photos mais j'ai créé pour l'occasion un nouvel album intitulé "Sélection de photos du bleu et des oranges" pour ceux (et celles???) qui ne seraient interessé que par ma pomme et les oranges...

J'aimerai tout de même franchir la barre des 1000 photos... J'en appelle donc à tous les participants de ce MDS, les membres de l'organisation, le photographe officiel du MDS... A toutes les bonnes volontés...

Par cyaume - Communauté : Marathon des Sables
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Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /Juin /2009 22:11

S'il y avait bien une course que Heïdi ne pouvait manquait c'était bien celle ci. D'abord parceque la notion de classement et de temps n'existent pas, mais surtout pour le magnifique t-shirt rose fille que revêtent les participants. Les marches-courses Odyssea sont des rassemblements au profit de la lutte contre le cancer du sein (lien vers le site ODYSSEA). Samedi 6 juin le parc de la Colombière de Dijon avait des airs de lac investi par une colonie de flamants roses l'espace d'une soirée.
Pour l'occasion, heïdi s'est lancée sur le 10km, après le 5km de l'an dernier. Elle ne le sait pas encore mais à ce rythme ce sont les 20km de Paris cet automne, un marathon l'an prochain et le MDS dans 2 ans!
Pour une fois, j'étais de l'autre côté de la barrière. Après avoir fourni et livré 1800 canettes de jus d'orange à l'organisation (je fais peu de musculation, l'occasion était trop belle...), je suis parti faire une sortie de plus de 18 kilomètres. Une balade d'une heure trente qui par bien des moments a réveillé mon souvenir de la 3ème étape du MDS 2009 tant le vent soufflait de face. Mais là pas de picards pour me protéger. De retour j'emmenai Heïdi, avec son gré, vers la ligne de départ. Plus de 2500 personnes étaient là. C'est énorme. Enfants de tous âges pour le 1 ou le 5 km; parents, grands parents... pour le 5 ou le 10 km. Marcheurs, coureurs, "alterneurs"... peu importe, tous sont venus pour la bonne cause et sans (ou peu) esprit de compétition. Tous ont donné 10 euros pour souffrir, ou pas...
Et en donnant ces canettes aux participants j'ai voulu les remercier de leurs efforts.
Cette marée rose est magnifique. Les ballons, roses eux aussi, flottent.


A l'arrivée de la course enfants, les canettes "Boite à boissons" créée par 100Drine et éditée en série limitée par Sentou commencent à circuler. Merci au passage à Maud Cassagnolle. Au delà des bienfaits à l'arrivée de cette boisson fraiche et de la note artistique de son graphisme, qui sait que la canette métal est l'emballage le plus recyclé et le meilleur pour l'environnement?

La-canette-l-emballage-durable-de-choix.pdf La-canette-l-emballage-durable-de-choix.pdf

24 heures après la sortie du film document "Home" de Yann Arthus Bertrand, et à la veille d'une éclatante victoire d'Europe Ecologie (le mouvement de Cohn Bendit et d'Eva joly, pas celui de Patrice Drevet et de Francis Lalanne...) aux élections européennes, cela prend encore plus de valeur...
Et pour tous les participants du Marathon des Sables 2009 qui ont vu le désert prendre l'eau, l'idée de déréglement climatique a un sens particulier.
Ce week-end, la course Odyssea dijonnaise aura fédéré bien plus que les organisateurs ne l'avaient imaginé. Certainement parceque la cause était belle.
Ce week-end aura vu la Terre entière se fédérer autour d'un film qui met en relief, pour qui ne voulait pas savoir, un avenir très incertain... Certainement parceque la cause était belle.
Un week-end qui aura vu des Français se fédérer derrière un mouvement écologiste. Certainement parceque la cause était belle.
Un week-end qui aura vu Federer gagner son 1er Roland-Garros... A l'inverse, Martine Aubry pour sa 1ère élection comme première secrétaire du PS n'a pas su fédérer autour d'elle...Certainement parcequ'il n'y avait pas de cause.
Mais je m'égare...
J'en reviens à la course de Heïdi. Le circuit serpente le Parc, et je peux couper de ci-de-là pour venir aux nouvelles, me soucier de son état. Un point de côté, puis 2 points de côté dès le 1er km... C'est, si je puis me permettre, mal barré... Mais je la connais mon Heïdi... C'est le stress. Tout cela va se dissiper. Il lui faut du temps pour se chauffer. Une bête d'endurance. Je vais courir à ses côtés 1 km à mi-parcours et la laisse vivre sa course. Madame va se permettre de courir ses 10,300 km en "negative-split". A savoir courir les 5 derniers km plus vite que les 5 premiers. Un métronome je vous dit. Elle termine toute fraiche en 1h04'. Et je suis très fier.
Et les 18 000 €uros récoltés avec cette affluence record sont encore la preuve que la solidarité organisée a une place fondamentale pour toutes les causes qui méritent d'êtres accompagnées.

 


Au 8ème kilomètre ses jambes étaient si longues et dynamiques que j'ai cru apercevoir un flamand rose poursuivant des crevettes

 





 


























































 


















Vidéo de la course Dijon Odyssea 2009
Par cyaume - Publié dans : Humeurs de course - Communauté : Marathon des Sables
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 17:00

A force d’avoir à me justifier (parfois… car dans l’ensemble mon entourage s'est résigné avant même que je ne re-signe...), je me suis senti dans l'obligation, pour moi-même aussi, de fournir 10 bonnes raisons à un retour au MDS. Je laisse aux autres le soin de me trouver 10 bonnes raisons de rester...

 

1. Selon le plus ancien coureur de l’épreuve, le vénérable Brahim El Joual, au Marathon des Sables il faut « …une édition pour apprendre et une autre pour comprendre… ».

Je n’ai fait que apprendre et effectivement je ne suis pas sur d’avoir tout compris…

 

2. Le MDS 2009 malgré son étape mythique de 91 km s’est déroulé sur 4 étapes au lieu de 6 et 202km au lieu de 240… Ca reste évidemment une frustration.

 

3. Malgré un vent très violent nous n’avons pas connu en 2009 d’éléments météo handicapant… pas d’étape caniculaire puisque le thermomètre n’a pas dépassé 35° (c’est déjà pas mal pour un marathon avec 10kgs à porter), pas de tempête de sable… L’instabilité cette année s’est jouée avec la pluie et un froid hors norme le matin. Le MDS doit s’accompagner de plus fortes températures… A refaire.

 

4. Les oueds ayant débordé en 2009 notre itinéraire a évidemment évité les lieux où l’eau coule : oasis et villages. Que des paysages arides au programme. Sublimes, mais ma curiosité vers le monde était attisée par ces rencontres vertes et humaines. A tous elles nous ont manqué, et ce jusqu’à l’arrivée…

 

5. Deux micro ampoules le 1er jour, pas de douleurs articulaires ou dorsales, pas de problèmes gastriques, aucun maux de tête, des pieds intacts et un moral toujours en haut même au retour… Toujours dans le vert quoi... Pas assez forcé ? Ca reste à vérifier…

 

6. Il fait beau, il fait chaud, on joue comme des gosses à se courir après dans le sable, sans contraintes professionnelles ou familiales, on fait un peu de sport, on mange ce qu’on veut (ou presque) et quand on veut, on rigole beaucoup en fait… Et qui ne prend pas au moins une semaine de vacances par an ? J’ai la chance d’en prendre beaucoup plus car bien entouré… mais seul c’est plutôt rare.

 

7. J’ai couru du 1er kilomètre jusqu’au 201ème avec mes 5 nouveaux amis picards que je ne connaissais pas avant d’arriver à Ouarzazate et cela restera magique. Cela m’a aidé bien sur, et j’espère leur avoir été utile… Courir en groupe est difficile : il faut gérer ses difficultés et celles des autres, s’accrocher quand cela accélère, ralentir quand quelqu’un est mal… Mais cette gestion collective est positive car elle permet d’être épaulé, de se protéger du vent en se relayant, de ne pas être seul au milieu de nulle part, de ne pas avoir la tête qui flanche sur une course où le psychologique est 80% de la réussite pour quelqu’un de bien entraîné…

Cette manière de courir a été mon choix. Une manière de me rassurer pour mon 1er MDS. Et c’est certainement la clé de ma fraîcheur à mon retour. Mais je veux le refaire seul, dans le sillage de personne, avec mon propre rythme, mes sensations…Ce sera une toute autre course. Plus difficile c’est certain.

 

8. Il me faut au moins 2 MDS avant d’emmener Mehdi avec moi en 2011 et Heïdi en 2012

 

9. Teïva ayant récupéré sa grenouille écusson désormais brodé sur le bidou car elle a fait le MDS avec moi; Lilo me réclame aussi sa grenouille avec un écusson… Je pourrai en commander sur le site de Darbaroud, mais je suis un puriste… Je vais aller lui chercher.

 

10. Trop occupé à plein de choses inutiles je n’ai pas pris le temps d’écrire sur le MDS 2009. L’année prochaine plutôt qu’un ipod et un chargeur solaire, j’emmènerai un petit dictaphone. J’ai compris là bas que la meilleure manière de raconter en courant ou allongé c’est de parler…

 

11. Je sais ça fait plus de 10 raisons mais celle-ci j’y tiens autant qu’aux autres. Penser retrouver cette équipe organisatrice à commencer par Patrick Bauer est un pur bonheur.

Je n’ai pas eu le temps de leur dire combien il avait été plaisant de souffrir à leurs côtés. Je n'y manquerai pas la prochaine fois...

Par cyaume - Publié dans : Humeurs de course - Communauté : Marathon des Sables
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 15:45
Sans commentaires...


Par cyaume - Publié dans : Infos Organisation/inscription Marathon des Sables - Communauté : Marathon des Sables
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 14:31

Depuis ce matin lundi 25 mai 2010 les reservations au 25ème MDS sont ouvertes sur le site de Darbaroud: www.darbaroud.com

Il aura lieu du 2 au 12 avril 2010.
25ème... 250 km???

Le prochain MDS réunira environ 850 participants.


Pour la France environ 300 places sont disponibles.

La Grande Bretagne affiche déjà COMPLET ... Normal quant on connait la liste d'attente d'une année sur l'autre pour cette délégation.

 

En raison du nombre limité de participants (environ 300 pour le bureau France et 550 pour l'ensemble des représentants officiels) AOI a mis en place une procédure de réservation.

Jusqu’au 30 juin, le bulletin peut être téléchargé et envoyé à AOI avec un pré-acompte. Passé la date du 30/06/09 (et sous réserve des places disponibles), les modalités d'inscriptions seront celle indiquée Art. 25 du règlement de la course. Il est vivement conseillé de réserver dans les meilleurs délais sa place Les dossiers d'inscriptions définitifs seront envoyés en juin/juillet 2009.

 

Contact représentants officiels étrangers.

GERMANY - AUSTRIA - SUISSE GERMAN
GREAT BRITAIN - IRELAND - ISRAEL - SOUTH AFRICA
ITALY - SUISSE ITALY
JAPAN
KOREA - ASIAN COUNTRIES
LUXEMBOURG
MOROCCO
SPAIN - PORTUGAL - CENTRAL AND SOUTH AMERICAS
U.S.A. - CANADA - AUSTRALIA - NEW ZEALAND
Pour les autres pays contacter directement AOI.


En lien ci-dessous le dossier de réservation :

Dossier de réservation 25ème MDS
Par cyaume - Publié dans : Infos Organisation/inscription Marathon des Sables - Communauté : Marathon des Sables
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Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /Mai /2009 23:00

J'ai créé une nouvelle page "Récits du MDS 2009 et d'autres... Blogs d'anciens". Vous y trouverez des liens vers d'autres blogs de participants au Marathon Des Sables.
Cette année passée à fouiner sur le net tout ce qui pouvait rendre ma course plus facile, plus légère, plus rapide, plus digeste... Ce temps pris sur ma famille, mes nuits, mes soirées, mes loisirs (hormis sur la course à pied... Quand même!), ce temps m'aura permis de disséquer des dizaines de blogs, des centaines d'articles liés au MDS, à l'ultra endurance, aux courses à étapes...
Ceux qui suivent m'ont tous apporté quelque chose: une philosophie, des conseils, un plan d'entrainement... De belles images et de jolis mots qui ont aiguisé mon appétit de MDS.

Par ailleurs j'ai modifié la page "Mon Plan d'entrainement au MDS". Elle devient "Entrainements dont Plan Marathon des Sables". Mes entrainements seront ainsi consignés toute l'année; Jusqu'alors seul mon plan d'entrainement lié au MDS était référencé.

Par cyaume - Publié dans : Entrainements - Communauté : Marathon des Sables
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /Mai /2009 23:07

Aujourd'hui mercredi 20 mai vous pourrez décourir la 1ère diffusion du film officiel du Marathon des Sables 2009. D'une durée de 26 minutes il commencera à minuit (nuit de mercredi à jeudi). Dommage qu'un documentaire tel que celui-ci soit diffusé sur une tranche horaire aussi tardive. Ce que représente cette course tant par l'aspect sportif, les valeurs humaines et les paysages filmés mériterait une horaire grand public sur une chaine tout aussi grand public. Elle touche, forcément. Mais comme les rédac des médias de tous poils croient savoir pour nous ce que nous aimons... A quoi bon.
Alors pour les plus courageux, les vrais amateurs de sports au long cours je vous propose la soirée suivante: Remplacer votre sac à dos par un joli plateau. Y déposer quelques noix de cajoux et autres rondelles de saucissons, une bonne bière ambrée fera l'affaire si vous n'avez pas de boisson énergétique. Vous pouvez également remplacer le hachis parmentier lyophilisé par un plat de lasagnes aux légumes de chez Picard. Allumez la télé sur TF1 à 20h30. Nicolas Hulot et Ushuaïa vous permettront d'affuter vos yeux durant 2 heures avec des images d'animaux de tous poils, non pas ceux qui hantent les salles de presse, mais ceux d'Afrique Continentale. Un gel "coup de Fouet" pour entamer la seconde partie qui risque d'être un peu délicate... Je vous laisse le choix de cette heure et demie qui va vous mener à minuit... le zapping tant la meilleure arme pour rester éveiller à la vue de ce que j'ai pu lire sur le programme! Et vous y êtes. Votre marathon télévisuel est terminé. La récompense est là... Ouvrez grandes vos oreilles, tirez vous les paupières. 26 minutes qui vous permettront de vous endormir ensuite avec de fabuleuses lumières en tête...

Par cyaume - Publié dans : Ils ont parlé de moi/Revue de Presse/Médiatisation - Communauté : Marathon des Sables
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Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 11:39

Bon je sais, j'ai mis beaucoup moins longtemps à la courir qu'à la faire partager cette 4ème étape... Le récit de ce petit marathon de 42 km qui bouclait les 202 ou 203 km du MDS 2009 il est où? A priori dans ma tête il ne risque pas d'en sortir. A moins que son souvenir ne fasse partie de ce petit bout de cerveau qui est resté là-bas dans le désert... Y a pas... Il va bien falloir y retourner pour le récupérer. J'avais promis que je rentrerai entier...
C'est un tout autre virus que le H1N1 que j'ai attrapé en avril moi... N'empêche que cette belle étape je l'ai écrite avant hier mais je ne la retrouve plus. Y a plus qu'à recommencer... Donc il va falloir attendre. Désolé.

Et comme il faut bien passer à autre chose, pour me changer les idées je pars cet après-midi en Picardie pour fêter un anniversaire... Celui de Jérôme, dossard 108 au Marathon des Sables 2009... Il y aura aussi Olivier (dossard 105), Abilio (dossard 106), Etienne (dossard 107), et laurent (dossard 109). Et puis Stephane (dossard 134) qui vient de Nancy sera là aussi! La tente (tiens quel était notre numéro?) sera donc complète...
J'arrive à Compiègne à 18h16 ce soir. La gare est à 45km de la salle des fêtes où nous nous retrouvons. Tiens... c'est à peine plus qu'un marathon ça?

Par cyaume - Publié dans : Humeurs de course - Communauté : Marathon des Sables
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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 06:48

Vendredi 3 avril 2009 - Etape 4 - Aferdou Nsooualhine/Tizin Ighrs : 42,2 km
température à 9h45 : 21,4  degrés et 29,6% d'hygrométrie
température à 12h00 : 29 degrés et 16,5% d'hygrométrie


Benazzi au départ


Cela fait 3 mois que je l'ai disputée cette étape... Déjà!
Mais j'ai choisi de remplacer "ça fait 3 mois que c'est terminé..." par  "moins de 10 mois avant de remettre ça!". Si l'on pouvait penser comme ça tous les jours, se dire que tout est un début, jamais une fin... La pensée positive est un élément essentiel dans la vie comme dans la course de fond: se dire "...il n'y a plus que..." et non "...je n'ai fait que..."

En réalité j'ai beaucoup plus réfléchi à la raison qui m'empêchait de prendre le temps de raconter cette étape qu'à essayer de l'écrire...
Y-aurait-il une raison d'ordre psy Docteur Véro? 
Cette 4ème étape, elle clôturait la course.
Tout comme son récit.
Elle marquait le fin d'une belle aventure.
Et après?... Mon blog, le bien nommé "Ma préparation au MDS 2009" n'avait plus raison d'être... Le blanc, le vide, le néant...

Ne pas écrire ce 4ème volet (ou le perdre...) c'était sans doute refuser le retour et garder un pied là bas. C'était laisser une porte ouverte à autre chose sur le blog...

Alors ce soir vendredi 29 juin je me fais violence et je me lance.

Pour commencer, certains doivent se demander à quoi correspond ce taux d'hygrométrie qui apparaît au début de chaque résumé d'étape. A croire qu'il est aussi important que la température...
Et bien oui, d'une certaine façon, car il influe directement sur la sensation de chaleur. Je m'explique:
Les humains (et les animaux à sang chaud) contrôlent la température de leur corps avec leur transpiration. Quand ils ont trop chaud, l'évaporation de la sueur entraîne un refroidissement ce qui rafraîchit la peau. L'humidité de l'air ambiant va influer l'évaporation de la sueur, et donc sur le refroidissement du corps. Un taux d'humidité trop faible va accroître le refroidissement et amplifier la sensation de froid, tandis qu'un taux d'humidité trop important va limiter le refroidissement et donc amplifier la sensation de chaleur.

Voilà pourquoi cette dernière étape courrue à moins de 30° s'est avérée bouillante... Le taux d'hygrométrie ne permettant pas une bonne évaporation.

La "Longue" a fait des dégats. Les pieds, les corps parfois, sont en très mauvais état. Mais un bon moral a l'air de planer au dessus du peloton. Il ne reste que 42km, et c'est une distance que beaucoup connaissent. Juste un marathon. Les coureurs arrivent peu à peu sur la ligne de départ. La bonne humeur, comme d'habitude, est là.


 



Une tête domine les autres sur la ligne départ. C'est celle d'Abdelatif Benazzi. L'ancien capitaine courage de l'équipe de France de rugby va courir pour son association "Noor" ("lumière" en arabe) qui aide à la scolarisation des enfants au sud du Maroc.  Chaque kilomètre parcouru doit lui permettre  de récolter des fonds. S'il arrive au bout ce sera au moins une école entière qui sera construite. Invité à effectuer la dernière étape d'une vingtaine de km qui a été annulée, il se contentera... du double. Ce sera contre son gré son premier marathon. Mais un rugbyman n'est pas un footballeur. Il va aller au combat. Et pour faire disparaitre cette pression, il va se lancer dans un haka mémorable.



 



Le départ est donné. Le rythme est plus soutenu que lors des précédents départs.

Très rapidement nous entamons la 1ère ascension. Le peloton est en file "indienne", une fourmilière géante se dessine et cela fait seulement 3 km que nous sommes partis. Les écarts ne sont pas encore là.


Un second djebel arrive un peu après. Nous nous demandons alors à quelle sauce cette étape va nous manger... Les descentes sont dangereuses, les cailloux deviennent des rochers et chaque pas est réfléchi...

 

Petit plaisir perso: Collants noir et casquettes blanches, stephane est derrière moi pour la 1ère fois depuis le départ du MDS... Sa sagesse durera quelques minutes encore.

Le parcours est valloné, infini, lumineux, simplement superbe...


 

Comment ne pas s'arrêter à l'un de ces sommets, ou aux deux d'ailleurs, pour prendre un cliché? Il ne devait y avoir que les 3 premiers du général pour ne pas s'attarder à cela...
Oublier de "voir" sur une étape pareille c'est passer à côté de sa course... Ca n'est pas possible...















Nous arrivons au CP1, kilomètre 11,5 en 1h26 tranquillement et ... en chantant.



Là un type multiplie les photos de ma personne. Tiens?!! porqué mi?
Il m'explique qu'il travaille en Freelance et qu'il prend des photos pour le Bien Public. Ca doit-être un piètre photographe vu le nombre de photos prises sans aucune parution dans le BP au final... A moins que le journal n'y ai pas montré d'intérêt? J'avais de l'allure pourtant avec mon doudou grenouille écrabouillé sur la casquette...

Nous repartons après qu'olivier ai terminé sa chansonnette, une petite côte nous fait glisser sur un tout autre paysage: de la petite dunette de sable à perte de vue. Ce sera 6 ou 7 km usants car nous sommes en relance constante sur un terrain évidemment mou... Zigzagant entre les herbes sèches, parfois vertes.

Nous arrivons au CP2 après une énième petite ascension, kilomètre 18,9, en 2h30 tout pile...
Nous bouclons le premier semi assez délicat en 2h45', le second sera magnifique, et plutôt "roulant" Il nous faudra 2h25' pour le terminer...
A une dizaine de kilomètres de l'arrivée il nous faudra traverser un petit oued. Ces quelques centimètres d'eau sont un merveilleux clin d'oeil de l'organisation qui a su composer avec les crues au jour le jour pour nous faire traverser des paysages arides.















Encore une pastille de sel... la der! Il est temps ... J'ai consommé peu de gels énergétiques sur l'ensemble du MDS; Le reste du temps ce fut barres, pastilles de sel, boissons énergétiques ... Du coup le classique écoeurement du sucré à la fin d'un marathon n'a pas eu lieu ici, ce serait plutôt l'inverse...


Un petit hommage  à mon ami karim qui boucle son MDS tranquillement.

Après une dernière grimpette le sommet propose une vue exceptionnelle... L'arrivée est au bout d'une longue ligne droite de 3 ou 4 km? On ne sait plus, le cerveau ne calcule plus en kilomètre depuis bien longtemps. On me demande souvent s'il y a des indications métriques au sol sur les étapes au MDS. La réponse est non, hormis les repères sur le road-book qu'il faut décripter, et c'est bien mieux ainsi! Seuls Ceux qui ont emmené une montre gps sont capables de déterminer précisemment leur avançée. Les gps passent! les téléphones portables parfois aussi... Je sais c'est étonnant mais c'est du vécu sur les 2 premières étapes. D'ailleurs j'ai fait vivre en live à Heïdi le décompte du départ lors de la 1ère en l'appelant au beau milieu d'un no man's land...




Nous nous lançons dans une descente assez technique, mais qu'importe, il est trop tard pour réfléchir à la position de ses pieds sur les cailloux.
Je préfère laisser mes 5 compères et prend quelques centaines de mètres d'avance. Pour la 1ère fois depuis le départ de ce Marathon des Sables je n'arriverai pas dans la même seconde qu'eux... Je décide de les laisser partager ce moment qu'ils préparent depuis maintenant 2 ans... Cette minute prise sur eux me permettra de vivre leur arrivée, un joli moment, mains dans la main, toujours en chantant...

Quand à mon arrivée, juste avant, elle aura été bizarre... Aspiré par la ligne, accueilli par Patrick Bauer, j'aurai droit à son accolade, le temps de lui dire que parfois, durant mon entrainement pendant ces mois de préparation, il m'était arrivé de pleurer en imaginant mon arrivée à ce MDS... Et là, rien, moi qui suit un as de l'émotion, nada...
Après 5h10' de course, les 42,2km avalés, je cherche Heïdi, censée être à mon arrivée. Personne.

L'arrivée des pompiers de Paris et des 3 enfants en musique fut un grand moment. Celle de Benazzi venu à bout de son 1er marathon en 7h07' également. Entre sport et partage, l'émotion qu'il dégage à son arrivée est belle. Ses larmes de bonheur mêlent sport, partage, douleur... Abdelatif est fier... Fier pour lui, pour tous ceux qui ont terminé ce MDS et surtout pour les enfants Marocains.

J'enlève une dernière fois mes chaussettes couleur sable. Comme une seconde peau, un peu fatiguées, elles ont du mal à me quitter
























Adios aux elasthoplastes qui nous protègent depuis maintenant 5 jours. La sueur et le temps n'ont pas altéré leur tenue. Un léger frottement dès le 1er jour m'avais conduis à couvrir les épaules en plus des omoplates.L' élasthoplaste était aussi présent sur la partie basse de mon dos (frottements du sac à dos) et sur mes tétons (frottements du maillot).

Pendant ce temps Heïdi me cherche à l'arrivée. Nous nous retrouverons.


Et puis voilà, mon Marathon des Sables est terminé.
Le récit de la 4ème étape bouclé-baclé.
Le prochain est déjà là, en train de me chatouiller les doigts de pieds... Les sensations, 3 mois après, sont encore présentes, mais difficilement racontables. Il faut y retourner.
Pour mieux raconter...
Par cyaume - Publié dans : MDS 2009 MA COURSE - Communauté : Marathon des Sables
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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 09:36

Un peu d'autocongratulation pour bien commencer ma journée.
Je suis ravi d'être mentionné sur le site du Conseil Général de l'Yonne pour ma participation au MDS. Lien ci-dessous:

Conseil Général de l'Yonne - 24ème MDS

Et parallèlement au MDS je suis sur le point de finaliser à la demande de la Mairie de Dijon un projet éducatif et sportif à destination des écoles.


Par cyaume - Publié dans : Ils ont parlé de moi/Revue de Presse/Médiatisation - Communauté : Marathon des Sables
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Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /Avr /2009 23:37

Etape 3 - Erg Znaïgui/Aferdou Nsooualhine : 91 km

3eme-etape-91km-La-Longue-MDS-2009 Cliquez pour voir toutes les photos de la 3eme-etape sur ce blog   



Mercredi  1er avril 2009

température à 9h00 : 20  degrés et 36% d'hygrométrie
température à 13h00 : 29 degrés et 29% d'hygrométrie

13 abandons à 12h00

 

Jeudi 2 avril 2009

température à 9h30 : 31 degrés et 31% d'hygrométrie
température à 12h00 : 29 degrés et 24,7% d'hygrométrie

33 abandons à 9h30

 


Cliquez sur le lien ci-dessous pour le:
RESUME de la 3ème ETAPE SUR TV5 MONDE... de belles images

Je me lève en criant "on est le 1er avril!!!"
Alors ces 91 km... poisson d'avril?

Le bivouac se réveille lentement. Sans agitation. Bien au contraire.

 

Ce n’est pas une légende, Bachir et son équipe d’hommes en bleu arrivent en criant et démontent une par une les toiles berbères. Véritable cérémonial du MDS, ils nous dépouillent de notre toit en quelques secondes…

 

 



A la tente d’à côté j’aperçois Brahim. Il est venu participer à son 1er MDS avec Valérie, son épouse. Blessé il a abandonné la veille. Il leur souhaite bonne chance et part en 4/4 en leur lançant « je vous prépare la tente… je préférerai être avec vous… ». Nous sommes tristes pour lui. Pour elle aussi.

 

Comme chaque jour, je prends soin de vérifier et ranger mon sac pendant de longues minutes. Sérieux, méticuleux, maniaque, toqué… c’est comme vous voulez.

Je traîne un peu, comme je le fais dans la vie. Je sais qu’au départ je serai là et me donnerai à 100%. Comme dans ma vie.

Et pourtant je serai parmi les premiers sur la ligne de départ (cf article humeurs de course : 10km avec Yohann Diniz au semi de Beaune).

Beaucoup arrivent… à reculons. Chose rarissime, patrick Bauer du haut de son 4/4 est obligé de hausser le ton afin que l’ensemble du peloton soit aligné sur la ligne de départ.

Nous prendrons ½ heure de retard pour cause… d’appréhension des coureurs.

Pas de miracle, la distance est bien confirmée : 91km… mais de la magie : Les plaintes des coureurs s’évaporent avec la chaleur pour laisser place aux applaudissements… Il faut dire Patrick nous a bien vendu son étape : elle devient mythique. Jamais en 25 ans une étape n’aura été aussi longue… et nous sommes au départ ! Reste juste à être à l’arrivée…

C’est étrange mais une fois au milieu de ce peloton, je ne doutais plus de l’issue de cette journée. Avec du recul, il fallait être très fort dans sa tête pour le penser… ou inconscient. Mais l’inconscience au MDS se paye cash… A 9h30, nous nous élançons. Sauf les 50 premiers du classement général, qui partiront à midi. Ces 2 vagues successives permettent  à l’organisation d’éviter d’avoir un trop long peloton à contrôler. Elles sont aussi l’occasion pour les anonymes de voir pour la 1ère fois les premiers courir lorsqu’ils vont les doubler…

 



Le haut parleur diffuse en musique de fond un air d’ACDC.

Dans les airs l’hélicoptère fond sur le peloton.

Cela peut surprendre, mais tout ce bruit fait du bien. Le silence ce sera pour le reste de cette journée de course qui durera 8 à 10h pour les premiers. La moyenne sera entre 16 et 25h… et les derniers, qui auront dormi sur le chemin arriveront le lendemain après 37h. Pour nous ce sera 16h.

 


Cette étape a paradoxalement fait très peu d’abandons (25) mais cela n’a rien d étonnant. Chaque année la « Longue » est si crainte par les concurrents qu’ils l’abordent avec beaucoup d’humilité et restent « en dedans » pour être certains d’arriver au bout. Cette année, avec 15 à 20km supplémentaires aux MDS passés, la « Longue » revêt une autre dimension encore, et ses acteurs, qui en ont eu peur ont eux aussi fait preuve d’une sagesse exceptionnelle en « prenant leur temps ».

 

Nous serons surpris dès les premiers kilomètres par des paysages parfois verdoyants. Nous sommes bien dans le désert, mais les pluies fréquentes de ce début d’année ont permis à quelques fleurs et herbes de sortir du sable…

 

Au bout d’une heure je vois quelques palmiers. C’est la 1ère zone d’ombre de nos 3 premiers jours de course. Il faut dire que le parcours évitant soigneusement les oueds en crues, nous ne croiserons que peu d’arbres et aucun village sur notre chemin. Parfois nous croisions des gamins, des familles, à pieds et venues d’on ne sait où… sourires, applaudissements mutuels, petite tape dans la main… ces rares rencontres faisaient chaud au cœur.

Nous arrivons au CP1 assez rapidement. Peu après, dans une zone montagneuse, un robuste australien se joint à nous, et pour longtemps. Adam, le dossard 707. Comme beaucoup d’anglo-saxons il avait ces espèces de sacs plastiques en guise de guêtres. Rouges. Nous les frenchies, on ne peut pas comprendre… Il était souriant, volontaire et très… grand. D’ailleurs il faisait bon être derrière lui quand il prenait son relais. Un sacré coupe vent cet Adam. Manque de bol je prenais souvent les relais à ses côtés.



Entre le CP1 et le CP2 nous resterons en rang serrés car le vent de face est violent. On se dit à ce moment là qu’on ne va pas faire que rigoler aujourd’hui…



D’ailleurs, avant d’arriver au CP3 certains commencent à sortir leurs MP3. L'isolement est de rigueur. Du coup la communication commence à être difficile. Le rythme est saccadé entre les accélérations des uns et les moments de faiblesses des autres… Chacun son tour. J'avais emmené un ipod au MDS mais n'avait chargé que... 2 titres. Du coup il est resté au fond de mon sac toute la semaine. Il doit sa survie au fait qu'il ne m'appartenait pas... Sans cela je me serai allégé de 30 grammes supplémentaires sans scrupules!


 

Au CP3 après 36km et le vent dans le nez nous nous arrêtons manger nos lyophilisés. Il fait chaud et je déguste mon taboulé frais. Des objets et de l’alimentation trainent par terre. La concurrente irlandaise qui était à côté de nous est distraite. Elle les a oubliés. Abilio se charge de ces centaines de grammes supplémentaires et nous repartons.

Nous sommes doublés en l’espace d’un quart d’heure par 7 ou 8 concurrents de la seconde vague. Scotchés. Impressionnant…

Quelques km plus tard nous rattrapons l’Irlandaise. Elle s’était délestée volontairement… Bibi la rechargera. Non mais !


C’est alors que nous doublons valérie. Esseulée, sans son Brahim. Nos encouragements l’inciteront à nous suivre. Elle s’accrochera dans un premier temps avant de s’intégrer totalement à notre groupe. Un modèle de volonté et de bravoure sur une étape où il en fallait. Elle aurait sans aucun doute préféré effectuer ces 91 km avec son blessé de mari, mais je ne doute pas qu’elle gardera un magnifique souvenir de cette étape à nos côté.

 

Nous passons quelques dunes de sable. A cet instant valérie n’est pas bien. Elle a perdu du terrain alors que nous passons en mode « train ». L’un de nous stoppe pour faire un besoin urgent. On ralenti. En me retournant j’aperçois val qui s’arrache pour revenir. Je n’ai pas envie qu’elle se fasse mal pour rien et demande aux autres de s’arrêter. On l’attendra en marchant. Elle ira beaucoup mieux par la suite…

Nous arrivons au CP4. 50km de parcourus.

Il ne nous reste plus qu’un marathon…

 

Nous sommes au 56ème km quand la grosse ascension de la journée se présente à nous. Un Jebel qui se grimpe en appuyant les mains sur ses cuisses, parfois même à 4 pattes sur les parties les plus instables. On ne peut ni courir, ni marcher. Juste grimper. Alors il faudra des dizaines de minutes pour gravir ces petites centaines de mètres.

C’est ça une  étape de 91 km au MDS… On courait entre 8 et 10 km/h ; Les parties marche se faisaient entre 5,5 et 6,5 km/h, mais les ascensions, les dunes, les vents forts, les arrêts aux CP pour remplir nos bidons et manger font tomber ce qui est finalement une belle moyenne horaire au final puisque nous serons à plus de 6,5km/h.

 

 

 

 


Au sommet, un petit groupe se forme. La vue y est belle. Il y là guillaume Marchaut des « papillons de Charcot », et puis Touda Didi, qui a rattrapé ses 2h30 de retard sur nous alors que nous sommes au 56ème km… Impressionnant petit bout de femme. La nuit tombe et il va falloir accrocher au dos de nos sacs les petits bâtons lumineux verts. Ils permettent de voir le ou les concurrents positionnés devant nous la nuit. J’accroche celui de Touda et j’en suis fier ! Mais ça ne m’a pas aidé à la suivre par la suite…

 

 

 


On dévale la descente qui est assez technique. Le soleil s’est définitivement couché. Nos lampes frontales sur la tête nous avançons dans de nouvelles dunes. Val et moi en seront les premières victimes ; Nous resteront en retrait du groupe quelque temps. Cela nous permettra de discuter notamment de Toulouse, sa ville. Imaginer un bon repas dans le sud-ouest nous ramène à la hauteur du club des 5.




Au CP5, kilomètre 64, il est temps de se poser pour manger. Après discussion, c’est une demi-heure de répit que nous nous accordons pour savourer le repas qui doit nous permettre de boucler l’étape. Ce repas m’aura fait le plus grand bien.

Les 15km qui nous mèneront au CP6, je ne m’en souviens plus très bien. Il faisait nuit. Il y aura quelques petites ascensions rocailleuses, rien de méchant, mais à cette heure là ça use… Le rayon laser projetté depuis le CP6 nous guide, si près et si loin à la fois.

 

Au CP6, Valérie ne s’arrête pas. Elle préfère partir devant en marchant pour que nous la récupérions plus tard. Nous ne la reverrons que le lendemain matin. Elle bouclera cette étape quelques minutes avant nous. Brahim peut-être fier.


Moi je ne m’arrête pas longtemps au contraire des 5 oranges. Je sais qu’ils me rejoindront plus tard. Il est 23h et les 12 derniers km dans cette nuit noire seront pénibles.

Les minutes passent et personne ne revient derrière. Je récupère un grand type. Je le lâche. Un peu plus tard je récupère Alain. Nous nous connaissons depuis l’hôtel. Il n’est pas très bien alors je l’encourage à me suivre un peu. On alterne course et marche. On discute de la Trans’Aq qu’il a déjà effectuée. Alain me demande de continuer seul, il a mal au dos et a du mal à suivre. Je le laisse à son rythme.

Je suis bien, il fait frais. Et toujours pas d’Oranges…



Je n’ai plus de bâtons lumineux d’autres coureurs en point de mire, pas plus en me retournant.
Seules les balises phosphorescentes vertes disposées par les pistards le long du parcours permettent de ne pas se perdre.

Je suis seul au milieu du désert. Dans le noir. Même pas peur ! C’est même grisant et ça me porte… . Ma lampe frontale m’évite de trébucher sur une fin de parcours riche en caillasses… il est difficile d’admirer le ciel étoilé tant je me concentre sur mes pieds.

Des petites loupiotes loin derrière se croisaient.

 

Et puis la chanson fut. Un air que je connais. IlS arrivent… Quelques centaines de mètres plus loin la jonction se fait. J’apprends qu’il leur a fallu composer avec les problèmes intestinaux de Jérôme depuis le CP6. Quelle équipe ! Il ne reste que 2 ou 3 km avant l’arrivée. On aperçoit un groupe d’une dizaine de lumières à 200m derrière nous. Olivier notre stratège ne veut pas perdre 10 places…Comme il y a encore un peu de place pour la compétition dans nos jambes et un brin de lucidité dans nos cerveaux fatigués, on accélère une dernière fois sous son impulsion.

Il ne reste que quelques centaines de mètres...



Et puis l’arrivée fut. Irréelle… encore plus belle que je l’imaginais… Nous la franchissons calmement mais en chantant quand même… Tous les 6 en orange. Quelques heures auparavant j'avais enfilé un t-shirt supplémentaire et mon maillot manches longues orange pour me protéger du froid. Cette nuit là je suis fier d'être un orange parmi les oranges. Plus que jamais.

 



Après 16h d'une journée gérée du début à la fin. Il est 1h du matin.

Nous irons vite nous coucher. Rapidement endormis aussi



Les arrivées continueront toute la nuit, et le lendemain toute la journée jusqu’au soir où les 2 derniers seront fêtés comme il se doit.

 


Mes premières larmes de ce MDS ont coulé en voyant Osman et son fabuleux sourire accueilli comme un héros par les coureurs, le staff et les médias. Et que dire de Dietrich, le dos plié, massacré par le poids de son sac... Tous 2 avaient pris le départ il y a plus de 35h!
Deux scène si humaines après une journée sans doute inhumaine pour beaucoup.




















 








 

Cette folle journée aura été fatale à Lahcen Ahansal, 10 fois vainqueur du MDS, qui abandonnera dès le 50ème km. Un autre favori, Jorge Aubeso,  vice champion du monde du 100km va sombrer et finir en … 25h. Faisant fi de son égo, ce champion  sympathique au possible terminera au milieu des anonymes. Touda Didi, 1ère femme et le petit frère de Lahcen, Mohamad A hansal, vainqueur chez les hommes, diront à la remise des prix que ce fut leur plus dur MDS… Cette étape n’y était certainement pas étrangère...

Et on y était… Lolo, bibi, steph, le vieux, olive, gégé, eddy et les autres… on y était. Au bout…

Voici ci-dessous un extrait de texte écrit par Marc Louboutin pour JOGGING International. Il évoque la difficulté pour beaucoup à rallier cette arrivée lors de l'étape de 91km. J'ai eu la chance de ne pas être dans cette extrémité physique et psychologique. Je sais que cela peut arriver à tout le monde, mêmes les plus aguerris ou les plus entrainés. Au MDS le moindre grain de sable peut se transformer en montagne:

3ème étape vue par Marc Louboutin pour JOGGING International
Extrait:
"... Courir tant que c’est possible, puis alterner marche et course et parfois ne plus pouvoir qu’avancer avec difficulté un pied devant l’autre, dans la froideur de la nuit, sont le lot du plus grand nombre.
Le vent est terrible, il semble toujours de face, et lorsque la nuit tombe il fait littéralement frissonner de manière irrépressible les concurrents.
La nuit, il n’y a plus de course qui compte. Il faut arriver, coûte que coûte. Aux détours de la piste, au hasard des rencontres sous les tentes des points de contrôle, il n’y a plus que des hommes et des femmes rendus solidaires par l’effort. Ils se réconfortent, partagent leur repas sommaire, s’aident à remettre les sacs sur les épaules ou à fixer les bâtons lumineux de manière visible.
Une communauté naît au fil des heures et des kilomètres, des amitiés se nouent dans la douleur et parfois la désespérance. De larmes jaillissent parfois devant de parfaits inconnus qui comprennent et réconfortent pour éviter les leurs.
La nuit semble sans fin, sans fond, le laser qui marque l’avant dernier check point si proche et pourtant jamais à portée au fil des pas.
On pourrait penser à une armée en déroute à les voir trébucher à la maigre lumière de leurs lampes, à les entendre traîner les pieds. Mais aucun de ceux qui sont sur la piste dans la nuit glacée ou au petit matin ne sont dans la défaite. Chacun
sort vainqueur de cette étape qui fût à la fois magnifique et terrible.
Ils ont, tous réussi à franchir les montagnes, les grandes étendues blanches encore souples de la pluie des derniers jours, les plateaux parsemés de cailloux les ont fait trébuché, et même les dunes leur ont présentées leurs faces les plus abruptes.
Ils sont là, ils arrivent, éblouis, hallucinés par les lumières de leurs frontales, sous la banderole d’arrivée, ou le soleil du matin les découpant en silhouettes immenses sur le sol empierré.
Certains ont même connu deux fois la chaleur du zénith sur leurs crânes avant de rejoindre le bivouac et le dernier n’arrivera que durant la deuxième nuit.
De tous ceux là, aucun n’a battu le désert. Et si la victoire sur eux même peut sembler dérisoire à qui n’a pas connu la plénitude d’une telle expérience de dépassement de soi, eux, savent, tous, le caractère unique de cette expérience dans leur vie.
Plus que jamais ils rentreront marqué à vie de cette étape longue, qui sans doute, et déjà une légendaire pour la longue histoire du Marathon des Sables..."

 

Par cyaume - Publié dans : MDS 2009 MA COURSE - Communauté : Marathon des Sables
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 10:53

Avec les 210 photos ajoutées aujourd'hui c'est désormais 710 photos du Marathon des Sables 2009 que vous pouvez découvrir sur mon blog. Merci aux membres de l'organisation qui y ont fortement contribué! J'en ai encore des centaines qui viendront intégrer les albums dans les jours à venir. Si vous avez participé au Marathon et que vous avez quelques jolies photos à me transmettre je suis preneur.
Après plus d'une semaine sans avoir eu le temps d'écrire sur mon blog, je vais finaliser un court résumé des 2 dernières étapes...

www.guillaume-charbonneau-marathondessables.com

Par cyaume - Publié dans : Infos Organisation/inscription Marathon des Sables - Communauté : Marathon des Sables
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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 15:04

Etape 2 - Erg Znaïgui/Erg Znaïgui : 36 km
Mardi 31 mars 2009
température à 08h45 : 16 degrés et 38% d'hygrométrie
température à 10h30 : 21 degrés et 37% d'hygrométrie
température à 12h00 : 24 degrés et 18% d'hygrométrie

2eme-etape-36km-MDS-2009 Cliquez pour voir toutes les photos de la 2ème-etape sur ce blog  

 

 


Suite aux pluies l’organisation était dans l’impossibilité de déménager le bivouac ce jour là. La solution : une boucle a été imaginée la veille.

Il est à peine 6 heures. La nuit a été froide. J'ai la sensation de ne pas avoir dormi du tout...
Le même sentiment est partagé par beaucoup. La faute à ce vent froid qui a fouetté de part en part le bivouac.
J'ai tenté de dormir en caleçon, avant de me résigner à enfiler ma combinaison tyvek. En revanche je suis satisfait de mon confort. Le duvet à même le sol a été suffisant. Le petit bout de mousse réconfortant le haut du dos, plus fragile. Mon petit coussin gonflable, lui, fait des envieux...
                                                                                               
Les minutes s'égrainent doucement avant que nous envisagions le petit déjeuner. Il faut rallumer un feu. Et cette tâche commune, je ne m'y suis jamais vraiment intéressé... Par miracle le feu était là quand j'en avais besoin! Je me servais de l'eau chaude dans une casserole... j'achetais cette tâche avec des morceaux de mini saucissons d'un bon centimètre par personne tout de même!... Un équilibre entre le donné et le reçu, c'est la solidarité du MDS.

Mes petits déjeuners tournaient autour d'un thé, d'un müesli au chocolat lyophilisé et une barre d'ovomaltine puis un café. Un comprimé de supradyn dans un fond de bouteille d'eau donne un jus d'orange vitaminé très correct! Un comprimé de bion et hop... c'est reparti pour un départ.

 

 
Les coureurs ont  froid ce matin. Je ne le ressent pas trop. Le vent sans doute.

Après avoir entraperçu Stéphane partir avec les cadors, nous mettons en place une formation à 6 pour nous protéger du vent. Deux par deux, en trois rangées. Chacun laissant son suivant prendre le relais. Le premier passant en dernière position. Une méthode pratiquée dans le vélo mais qui a été très efficace également dans notre cas. Cela nous a valu le surnom de « petit train » durant le MDS par de nombreux coureurs. Parfois certains venaient en profiter de cette aubaine quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres. Ils jouaient le jeu du relais, toujours, sauf une fois durant "la Longue"... Abilio lui fera comprendre assez vite que les efforts ça se partage. Il continuera seul. Preuve en est encore une fois que courir peut être un sport collectif.

 

 



Le peloton souffre et s'étire très rapidement sur plusieurs kilomètres au pied du spectaculaire Jebel El Begra après seulement 7km de course... Son ascension va éparpiller le peloton. D’autant que derrière ce sont quelques petites dunes et des herbes sèches qui nous attendent. Cette étape a été pour beaucoup épuisante. Non pas pour sa distance, mais du fait de ses immenses lignes droites qui usent le moral et des côtes qui usent le physique, le tout avec vent de face.  Nous arrivons au CP1 après 14 km.

 

 

 



Curieusement je n'ai pas très bien mémorisé cette étape. Un terrain pas assez « cassant », trop de longueurs. Pourtant, à l'image de ce MDS, la variété des paysages nous a bluffé...
Vous pouvez cliquer sur les images puis zoomer. Elles sont en haute définition:

 














Ensuite, et jusqu’au CP2 le "train" déraillera à plusieurs reprises. L’équipe reste soudée mais plus « décousue »… chacun ayant son petit coup de pompe… Arrivés au CP2 après 25km de course, nous allons attaquer une piste de 8km…

 

 

 

 


Je ne m’arrête pas car pressé d’en finir. Mes 5 picards ne reviennent pas sur moi. Je ralenti à plusieurs reprises. Il faudra plusieurs km avant qu’ils arrivent. L’un d’entre eux a des problèmes gastriques. Il n’est pas le seul du peloton apparemment.

 



Au 33ème kilomètre nous attaquons les 3 derniers km. De la dune. Mais tellement ravis d’en avoir terminé avec ces lignes droites. On croque dans le sable, et, du haut de la dernière dune, nous nous jetons sur cet immense échiquier noir et blanc qu’est le bivouac…

Nous arrivons en chantant à la 245ème place, passons faire le plein d'eau et gagnons notre tente. Au programme de l'après-midi : repos et encore repos... (Après un petit taboulé bien frais...)
Et ce soir là nous nous coucherons tôt. Très tôt. D’autant que la rumeur qui va enfler tout l’après midi va se vérifier avant la nuit : la « Longue » de demain fera 91km… Du jamais vu en 25 ans de MDS ! Et c’est pour nous.  A 7 on relativise vite. On en rigole, un peu. On pleurera demain...

Et puis stéphane nous montre ses pieds. Il est dans les 70 premiers au général. C’est beau. Mais ses pieds sont certainement dans le Top 10 des plus abîmés. C’est moche. Il a le moral. Il décide que demain il partira tranquille. Mais Stéphane est un cas… le lendemain il franchira le 1er CP en tête de la course, devant les 800 concurrents… un
fou parmi les dingues!

Et avant de mal dormir, je mange bien. Un hachis parmentier et des pâtes carbonara, un yaourt, lui aussi lyophilisé. Le tout arrosé de tisane. Le coucher de soleil sera une fois encore magnifique et à lui seul répond à LA question du moment "pourquoi suis-je là?" 

 

 

 

A suivre  


Par cyaume - Publié dans : MDS 2009 MA COURSE - Communauté : Marathon des Sables
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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 14:40

Etape 1 - Erg Chebbi/Erg Znaïgui : 33 km
Température à 10h : 20 degrés et 36% d'hygrométrie
Température à 13h : 29 degrés et 24% d'hygrométrie


1ere-etape-32km-MDS-2009 Cliquez pour voir toutes les photos de la 1ère-etape sur ce blog  



 
























Le réveil sonne à 6h. Je vérifie que les élastoplastes posés la veille sont toujours collés sur moi. Je traine un peu dans la chambre, entre vérifications, TOC et excitation du départ, mon esprit est un peu brouillé. Enfin la dernière douche avant une semaine de crasse-attitude. Le petit déjeuner à l’hôtel permet à certains de profiter encore une dernière fois des viennoiseries locales. D’autres utilisent leur ration de déjeuner lyophilisé type Müesli ou spordéj non utilisé suite à l’annulation de la 1ère étape. Pour ma part je m’enfile un tiers de « gatosport » cuit à la maison 4 jours auparavant. Sorte de brownie hyper glucidique. C’est notre ultime repas non pris en autosuffisance et cela se voit… tout le monde se « remplit »... Les bus nous attendent dehors. Les coureurs viennent poser leur sac à dos dans la soute. Toujours avec soin. D’autres préfèrent le garder avec eux. Je me rends compte à ce moment là de l’importance que revêt le sac à dos pour chacun des participants : il sera son bébé le plus cher pendant ces quelques jours. Personne ne doit s’en approcher. Il fait corps avec lui. Il a sans doute bénéficié de la plus grande bienveillance de son porteur pendant les dernières semaines de préparation. Au détriment des familles, certainement...Chaque lanière a été réglée au millimètre, chaque objet à l’intérieur est à une place bien particulière, un équilibre savamment trouvé au fil des entrainements et des essais, certains ont bricolé des systèmes d’hydratation rapide…

Contrairement à l’imaginaire d’un non-initié, courir avec un sac à dos n’est pas aussi fatiguant que cela. La foulée est certes moins aérienne, les pieds s’écartent un peu (comme un canard), la vitesse moins importante pour conserver un rythme cardiaque normal, mais la gêne du poids est moindre, dans la limite du raisonnable… D’ailleurs porter 8 à 12 kgs doit se faire naturellement si l’on ne veut pas que le MDS ne tourne au cauchemar.
Après une heure de route nous arrivons au beau milieu d’un no man’s land. Nous apercevons au loin la ligne de départ. C’est beau une ligne départ ! Les lignes d’arrivées seront encore plus belles…
  

Le regard figé vers ces dunes que nous allons bientôt piétiner, nous sortons les tubes de protections solaires des sacs. Les sticks lèvres aussi. Et notre champion à nous c’est Stéphane. Le 7ème luron de notre tente. Notre clown blanc à nous. Peau de rouquin oblige, c’est un avaleur de crème (un bouffeur de kilomètres aussi). Stéphane, c’est le sage le plus cinglé que j’ai pu rencontrer.
Pas étonnant qu’il soit militaire.
C'est un homme droit, généreux avec les autres comme dans l’effort. Un vrai baroudeur, qui a déjà courru dans pas mal de pays et avec qui on aimerai bien faire la Diagonale du Fou. Il n'y a plus qu'à attendre sa prochaine mutation en fin d'année. Mais si ce doit être le Grand Raid de Nouvelle-Calédonie... ça me va bien aussi...


Il faut peu de temps pour que tout le monde gagne la ligne de départ. Debout sur un 4/4 Patrick Bauer nous régale d’un briefing sur le parcours et les conditions météos.
Il est 10h. Ou presque…
Tout le monde crie de bonheur le compte à rebours 10…9…8…7…6…5…4…3…2...1...zzzzzzzzzééééééééééééérrooooooooooooooooooo………
Patrick Bauer jette au micro son « vous êtes maaagnifiquueeeeeeeeeeeeees !!! », et nous on se jette dans la course.
Olivier, Etienne, Jérôme, Laurent, Abilio et Guillaume partent pour un bon bout de chemin ensemble. Stéphane, notre éclaireur, est parti comme une flèche, comme il le fera durant toutes les étapes. Le départ est rapide. La frustration des premiers jours disparaît avec nous dans un nuage de poussière sur ce terrain caillouteux. Les va-et-vient de l’hélicoptère au dessus de nos têtes rappellent, à ceux qui en doutaient, que nous ne sommes pas dans une course ordinaire...
 

 


 


Les 3 premiers kilomètres dans le désert sont avalés par un peloton piaffant d’impatience. C’est alors que les premières dunes de sable s’offrent à nous. Un premier test. Y courir est  une première pour beaucoup. Et LA question… « le sable va-t-il entrer dans mes chaussures ? » va pouvoir se vérifier… Beaucoup on bidouillé leurs systèmes de guêtres et la part créative de chacun va être mise à l’épreuve. Les foulées deviennent lourdes lorsque l’on aborde une dune de face ; le peloton s’effiloche. Doubler devient compliqué ; Seul courir sur les crêtes ou à l’écart permet de conserver sa propre cadence. Rester dans « la file » a l’avantage de pouvoir rester sur des sections de sable déjà tassées et donc plus stables, mais le rythme y est saccadé… un peu comme l’effet « accordéon » des autoroutes surchargés. Les dunes s’enchainent, et nous nous écartons régulièrement pour conserver un semblant de vitesse de croisière.

 


Après 11 km constitués uniquement de dunes nous arrivons au CP 1 (Check Point ou Point de Contrôle). Là un contrôleur perfore notre carte de pointage et nous donne une bouteille d’eau. Comme à chaque CP et durant tout le MDS, nous prenons le temps de remplir nos bidons, nous rafraichir et plaisanter quelques secondes avec des membres de l’organisation. Au final, je n’ose imaginer le temps « perdu » contre le chronomètre… mais ce cérémonial n’est certainement pas étranger à notre fraicheur à tous les 6 après le MDS. Très souvent nous doublions quelques km après les CP des coureurs qui n’avaient pas pris le temps de « respirer » un peu.
Durant ce MDS la grande force de notre association a été de courir sans perdre de vue qu’il s’agissait d’une course festive ; Cela nous a permis de beaucoup nous amuser, de prendre beaucoup de plaisir et ne souffrir que lorsqu’il le fallait. Sans jamais perdre de vue l’objectif essentiel : terminer le mieux possible, au classement et physiquement. Et vivre une aventure avec les autres. Jamais seul.



Entre le CP1 et le CP2 c’est un faux plat montant de 9 km qui nous permet d’accélérer… un terrain caillouteux où il faut surveiller ses pieds pour éviter la chute. Olivier a un problème de bretelle à son sac à dos, il faudra s’y mettre à plusieurs et s’arrêter à quelques reprises pour qu’il puisse repartir tranquillement. Dans cette même étape, la marocaine Touda Didi a bénéficié de l’aide de Fabien Debaucheron qui l'a aidé à réparer son sac…La future gagnante du Marathon Des Sables 2009 sauvée par celui qui terminera 21ème au général… La solidarité au MDS, c’est une règle d’or. Le classement est secondaire. L’aventure humaine passe avant.


 


Au kilomètre 23, après une petite partie plus ou moins vallonnée, nous nous retrouvons au beau milieu d’un village en ruine. Inhabité. Ou presque… j’aperçois du linge sécher. Irréel. Qui peut habiter ici ? Mais pour l’autochtone l’irréel c’est nous… qui peut bien courir ici ?

  


Vers le kilomètre 25 nous aurons droit à notre première ascension de petit relief. Les cuisses poussent. Les bâtons que j’ai laissés dans la valise ne me manquent pas. Ils ne m’auraient pas aidé non plus dans les dunes. Karim avait raison « tu es un coureur, pas un marcheur… tu n’en auras pas besoin… ». Ils étaient beaux pourtant. Mais l’inutile n’a pas sa place au MDS.


La chaleur grimpe, mais rien d’exceptionnel, autour de 25° à midi. Il fera 30° à notre arrivée. Le rituel des pastilles de sel s’est installé dès le départ. Toutes les ½ heures l’un de nous sortira son sachet pour faire le « porteur de sel » auprès des autres. Pour l’hydratation, chacun reste maître de ses sensations. Dans la dernière très longue portion de dunes, à environ 7 km de l’arrivée, mon mollet droit me pince soudainement. Une crampe s’annonce. Malgré un souffle de panique qui me saisi je réussi à garder mon sang froid. C’est trop tôt, je n’ai pas le droit… quel erreur ais-je commis ? Je coupe mon effort, préviens le club des 5 de ne pas m’attendre, me lance dans une marche rapide tout en buvant et avalant un gel… 4 à 5 minutes plus tard je cours à nouveau mais d’une toute petite foulée… A aucun moment je n’ai quitté des yeux mes amis chantant, ni des yeux, ni des oreilles… je n’ai finalement pas plus de 200 m de retard sur eux. L’avantage des dunes c’est que quelques minutes ne suffisent pas à être irrémédiablement distancé… L’inconvénient c’est que 200 mètres à récupérer sur un groupe, ça ne se fait pas sans effort… Je les gardes à une distance d'oreille raisonnable. Ils chantent. Alors je gère tranquillement mon retour parmi eux.

 

J’y arriverai. Et mon mollet ne me gênera plus de la semaine. Un début d’alerte qui changera ma manière de m’hydrater dès le lendemain. Je boirai deux fois plus que la veille. Les dunes se succèdent jusqu'à l'arrivée. Un exercice parfois difficile mais un vrai régal...

 

 

 

Nous aperçevons au loin des petites taches noires et blanches: le bivouac. Tout en chantonnant, Olivier, le plus prévoyant, ramasse des brindilles en courant. Il pense déjà au feu du soir. Notre chorale franchira l'arrivée en 4h23', 229ème sur plus de 800 arrivants.
Stephane nous attend sous la toile de tente berbère.
















Nous nous posons en même temps que les sacs à dos, enfin, à l'ombre. On retire  chaussures puis chaussettes. Avec ce petit stress de découvrir des pieds abîmés. Ca ne sera jamais le cas pour moi. Sauf ces 2 minis ampoules du 1er jour que je vais soigner et qui sècheront avant même la fin du MDS. Ma préparation des pieds a été bonne. Le choix des chaussettes à doigts y est aussi pour beaucoup. Je me prépare un taboulé lyophilisé. Un petit bonheur bien frais alors que d'autres se font chauffer des pâtes...
La journée va se dérouler tranquillement. Au ralenti. Les coureurs restent allongé ou assis la plupart du temps. Les seuls mouvements se font en direction des points médicaux, de la salle internet pour envoyer un mail, du panneau d'affichage des résultats, des dunes pour faire ses besoins...
Et le bivouac, comme chaque jour, va vivre au rythme des arrivées. Des applaudissements de coureurs à coureurs. Auquels s'ajoutent les bravos des toujours gentils membres de l'organisation. De plus en plus forts. La nuit tombe et le dernier arrivant est annonçé. Il est suivi de la voiture balai: Michel le dromadaire. Et c'est dans la clameur du bivouac qu'il sera fêté. Au MDS, le dernier, c'est le premier.

  

Nous creusons un trou pour y allumer le feu. Pastilles esbit et brindilles nous assurent une eau frémissante dans les casseroles en alu calées les unes aux autres. Une bouteille d'eau découpée sert de gamelle. Mon lyophilisé du soir, un hachis parmentier, est un délice... Quelques noix de cajou et une compote de pomme, elle aussi lyo... et je suis repu.
Il est 20h. Le bivouac tente de dormir. Il aura du mal. La nuit tombe. Le spectacle est somptueux.
Beaucoup dormiront par micros sommeils.
D'autres s'assommeront à l'aide de somnifères. Pas mon truc. J'ai préféré mal dormir... Bien aidé par le vent. Mais se lever au beau milieu de la nuit, et contempler seul les étoiles en plein désert ça vaut bien un mauvais repos! Et pour demain on verra bien...
Ce blog étant aussi à but pédagogique, je me dois de vous préciser que ce soir là mon pipi fut clair. Une urine « transparente » est le résultat d'une bonne hydratation. Et donc de bonne augure pour l'étape du lendemain.

 

A suivre...



Par cyaume - Publié dans : MDS 2009 MA COURSE - Communauté : Marathon des Sables
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